mardi 12 mai 2015

Fireflies





Moune a 18 ans et passe son oral d'anglais cet après-midi...
Elle est en terminale S.
L'anglais, elle aime bien. Elle a regardé certains de ses dessins animés PIXAR préférés en V.O. Elle est abonnée à un jeu en ligne américain. Elle tente toujours de traduire les chansons qu'elle sélectionne dans son Ipod.
Fireflies fait partie de sa playlist. Cette chanson la caractérise à merveille. Elle est mélodieuse, aérienne... simple et addictive...
La vidéo rassemble un bon nombre de ses passions. On y voit un globe, des robots, des dinos, des super-héros, des légos, un synthé... il y manque juste un ordi. Et une console de jeux.
Bref, cette chanson elle est agréable à écouter et elle fait du bien.
Moune est agréable à vivre et elle génère le bien-être.
Ca doit vous surprendre que je vous dise que ma fille, diagnostiquée Aspie* et dyspraxique, soit génératrice de bonheur. Parce que l'autisme est soit-disant un enfer à vivre.
Il l'est, à cause des autres, de la société.
Pas à cause de Moune.
Je vous le disais au tout début, Moune passe une épreuve de Bac aujourd'hui. Cette année de terminale est assez stressante pour elle. Je suis admirative devant son courage et sa détermination. Elle n'a pas eu une scolarité facile et c'est un vrai miracle qu'elle en soit là aujourd'hui... il y a eu tant d'embûches... certains enseignants étaient démunis et la laissaient de côté. Tellement de côté que les comportements violents qu'elle subissait de la part de ses camarades de classe n'étaient pas détectés... d'autres enseignants ont voulu comprendre qui elle était et après diverses tentatives pour la sortir de sa coquille, ont choisi de nous convoquer et ont agi selon nos recommandations... ce fut un grand soulagement et ces personnes formidables sont restées proches de nous... certains professeurs, essentiellement de collège, ont nié nos lettres de début d'année scolaire expliquant que Moune était différente (n'étant pas diagnostiquée formellement... juste suspectée... nous n'avions rien de concret à montrer au corps éducatif, à part sa dyspraxie)... donc ils l'ont malmenée, humiliée... allant jusqu'à mettre en doute l'environnement familial dans lequel elle vivait...
Et si elle était bizarre à cause de sa famille....?
Ou plutôt, si elle était dans son monde à cause d'une mère défaillante, pas bien dans sa tête?
Cette mère, après tout, passe son temps à écrire des mots dans le cahier de liaison pour attendrir les professeurs qui demande à sa fille de ré-écrire 2 fois la leçon si mal rédigée dans son classeur....? Une mère qui monte au créneau pour un rien dès qu'on bouscule sa fille... et qui va même jusqu'à trouver elle-même le stupide gamin qui lui a planté un crayon de bois dans le doigt parce que l'instit de CP n'avait rien remarqué?
Il y a tant d'exemples....
Qui appartiennent au passé heureusement...
Car oui, Moune est en terminale et n'est plus malmenée par son entourage lycéen.
Le seuls râleurs sont ceux qui la croisent dans la rue, dans le bus, dans les promenades avec nous...
Moune regarde le ciel quand elle marche, ou ses pieds... mange ses ongles quand elle s'ennuie... encastre ses doigts entre eux... sourit uniquement à ses proches... rit de façon mécanique... parle comme un livre quand elle nous pose une question en public... ne dit pas bonjour aux inconnus, ne les regarde pas non plus dans les yeux...
J'ai remarqué il y a peu de temps que quand nous étions tous les cinq, nous ne faisons même plus attention au regard des autres... à leur jugement... nous sommes dans une bulle... notre bulle...
Par contre, si Moune est seule, là, ils se permettent de lui lancer des piques... de la remettre en place... parce qu'elle est en apparence normale, certes, mais elle est bizarre... ça ne doit pas être normal cette attitude qu'elle affiche... c'est probablement dû à une mauvaise éducation de ses parents... ou à un sale caractère typique aux jeunes de cette génération... (affirmation que je ne partage pas et qui m'énerve particulièrement!)
C'est difficile de vivre avec des gens qui ne veulent rien comprendre.
A qui on explique que notre fille est handicapée et qu'elle n'a pas choisi d'être comme elle est.
Qui nous regarde avec un air suspicieux car pour eux, le handicap rime avec fauteuil roulant...  et qu'on doit sûrement leur raconter des bêtises...
C'est difficile de vivre dans un monde qui nie l'autisme...
Par contre, c'est génial de partager la vie d'une jeune fille atteinte du syndrôme d'Asperger...


*Aspie : contraction pour Asperger...

2 commentaires:

  1. Très sympa tout ça, j'aime beaucoup la couverture

    T'as oublié de parler de mon héros de l'animation : Carbot

    Moune

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